Publié le par Andréanne Marquis

 

 

Si tu gagnais à la loto, tu ferais quoi?

 

 

Je regardais La roue de fortune ce soir. Oui, je regarde ça. Même ma mère me juge un petit peu. C’est peut-être parce que je regardais aussi La poule aux œufs d’or quand j’étais petite, avec mon frère.

C’est une dame qui avait gratté le billet gagnant. Elle était bien entourée pour vivre ce grand moment, par ceux qui comptent probablement le plus dans sa vie. Je voyais la boule faire son chemin, se heurter aux parois pendant la course folle de la roue, pour finalement s’arrêter sur une série de chiffres blancs inscrits sur fond coloré.

Je me suis demandé ce qui pourrait m’arriver à moi, si j’en venais à gagner à la loto un jour. Encore faudrait-t-il que j’ose m’acheter un billet autrement que le jour de ma fête. Mais supposons que LA fois où je m’en achète un durant l’année soit LA bonne fois? Tu ferais quoi toi?

Je pense que n’importe quel montant pourrait changer ma vie, même le plus petit d’entre tous. Le deux piasses me rendrait heureuse : je pourrais tenter ma chance à nouveau avec un billet tout neuf, ou m’acheter un sac de bonbons en ayant l’impression qu’il est gratuit. Le montant qui frôle et dépasse les mille dollars irait faire gonfler mon compte en banque.

Cet argent-là, je n’y toucherais même pas. Je le laisserais dormir dans un compte, au cas où il m’arriverait quoi que ce soit. Oui, je me paierais un, voire DES voyages. Le rêve de plusieurs, mon rêve aussi. Mais je mettrais quasiment tout dans un compte sans y toucher, sincèrement.

 

Je n’aime pas l’expression « gagner sa vie ». Je n’ai pas l’impression que j’ai à « gagner » ma vie : je l’ai déjà, on m’en a fait le plus beau des cadeaux. J’ai plus le feeling que je dois la vivre, surtout en profiter. Pour moi, en profiter, c’est de pouvoir faire ce que je fais déjà : vivre sans trop me soucier de mon compte en banque. Vivre en suivant un seul guide, celui de mes passions.

Tant que je me lèverai tous les matins en ayant envie de me rendre au travail, tant que je me pincerai au quotidien en me disant « ben voyons donc, on me paye pour faire ça? », je vais être heureuse. Un salaire ne guidera pas mon choix de carrière. Avis à mes futurs et présents patrons : non, je ne suis pas du cheap labor, vous pouvez bien me payer. Mais advenait-t-il que j’aie un choix à faire, je ne laisserais pas un montant à l’heure m’influencer. Facile à dire, je sais.

Mais mon but, il est aussi simple que cela : je veux juste être heureuse. Je veux me retourner rendue au bout du bout en souriant et en me disant à moi-même « good job fille ».

L’appart à 5000 $ par mois en plein cœur de la ville, tout de blanc immaculé avec une vue imprenable, ce serait le fun, c’est certain. Mais je peux vivre dans un petit deux et demi sans problème, tant que je suis heureuse au travail comme dans ma vie personnelle.

Le char de l’année, je m’en claque sincèrement. Avoir une auto tout court, ça m’importe peu. Vous avez ici le prototype rare de la jeune femme début vingtaine qui n’a même pas son permis de conduire, donc l’auto on s’en reparle dans un bout.

Les plus beaux vêtements, des plus belles boutiques, des plus grands designers : so what? Je suis capable de me trouver aussi belle sinon plus dans le chandail d’un beau vert forêt que j’ai déniché dans la section pour hommes d’un magasin grande surface. En le matchant avec des jeans, avec mes jolies lunettes d’intello, un peu de rouge à lèvre, je me trouve plus que présentable. Je me trouve belle, pas besoin de l’avis du monde entier, pas besoin des bouts de tissus les plus chers du monde entier.

C’est pour ça que si je gagnais à la loto, je mettrais tout cet argent de côté. Pour vivre ma vie sans le plus grand de mes soucis : celui d’avoir à la gagner.

Pour qu’un jour, si on me paye des pinottes mais que je m’amuse comme une folle, je puisse continuer à faire ce qui me passionne.

Pour qu’un jour, si j’en venais à avoir une bad luck, je puisse avoir un petit appui jusqu’à ce que je retrouve mon équilibre.

Je suis rêveuse, mais 30 minutes à me demander ce que je ferais si je gagnais à la loto, c’est le gros maximum de temps que j’ai à accorder à cette pensée. C’est que je dois aller me coucher, je me lève demain. À 8 h, je pars de la maison pour m’en aller être heureuse.

 

Maude.