Publié le par Emilie Blais

 

Je rêve de vacances aussi longues que ma bucket list.

 

Début août. Ça va bien, la vie est belle, les oiseaux chantent. La température commence à se stabiliser. Les journées passent et la liste des activités-à-faire-absolument-cet-été s'allonge, mais on a toujours bon espoir de la compléter. On est 100 % en mode vacances, l'horaire libre-ish et l'esprit tranquille… jusqu'à ce que, soudain, ça nous frappe.

 

 

 

Des parcelles de déni s'érodent et la vérité apparaît derrière notre nuage de mauvaise volonté : la fin approche, quand même. On dira ce qu'on voudra, on a plus de jours de congé dans le rétroviseur qu'au-devant du pare-brise. Trois mois se sont écoulés depuis la fin du trimestre d'hiver et le cycle s'apprête à recommencer. Les fournitures scolaires sont arrivées chez Jean Coutu; lentement mais sûrement, le temps d'ensoleillement quotidien diminue. Plus tôt aujourd'hui, j'ai vu passer un meme de Pumpkin Spice Latte. T'sais.

 

Qu'à cela ne tienne! Ma notion du temps sélective saura me persuader que la saison estivale est là pour durer. La rentrée, je ne veux pas en entendre parler. Je ne veux pas savoir que dans quatre semaines je retourne m'académiser et mal dormir – je n'ai toujours pas totalement récupéré de ma dernière fin de session. Tant de summer goals restent à accomplir et mon teint est à peine passé de la teinte « porcelaine » à « ivoire ». L'été ne peut pas se terminer comme ça.

 

Je refuse d'entendre que dans 29 jours j'arpenterai à nouveau les murs bruns de l'université, cahiers et obligatoirement café à la main. Je n'ai pas encore fait de pique-nique, ni de baignade, ni de feu de camp; mon minimum vital en termes de Tim Glacé™ et de slush est loin d'être atteint. De grâce, il me faut d'autres couchers de soleil, d'autres randonnées, d'autres terrasses. Et pas de back-to-school tant que je n'ai pas fait de road trip, c'est la règle.

 

Ce midi, j'avais les fesses dans le sable. Je ne peux pas croire que dans quelque 700 heures je serai sur les bancs d'école, tentant sans succès de trouver une position confortable et de garder le focus pendant 90 minutes consécutives. J'ai besoin de penser à rien encore un peu. Je veux plus de grasses matinées, plus de siestes au soleil, plus de ce-soir-je-me-couche-tôt-parce-que-je-le-peux. Je veux plus de sommeil, encore, toujours.

 

Plus d'argent aussi, et c'est peut-être la raison pour laquelle je n'ai pas vu passer l'été : le travail. Lointains sont les juillet-août consacrés à ne faire que ce qui me plaît. Il arrive un moment dans la vie où nos temps libres deviennent du temps plein. C'est dommage, mais c'est correct. Ça se paye pas tout seul ces voyages-là.

 

Les coachs de vie et nomades modernes diront qu'il faut « build a life you don’t need a vacation from. » Je vais commencer par finir mon bac.

 

Mais ne m'en parlez pas.

 

 

 

Julie Levasseur