Publié le par Andréanne Marquis

 

 

Mes condoléances à vous, les summer loves

 

Le mercure est monté tellement haut qu’il a fait rougir le thermomètre jusqu’à la barre des 32 degrés. Les filles se font aller le bronzage autant que les gars, le monde est en maillot, le monde est beau. Tu vas t’improviser pro du longboard avec ta calotte par en arrière, ou même joueuse de frisbee professionnelle au parc d’à-côté. Tu vas te coucher aux petites heures, épuisée d’avoir pris autant de soleil, de drinks et d’air. La belle vie.

 

Le soleil réussit à charmer tout le monde, tellement qu’il en fait rougir la plupart. Mais le vrai de vrai charmeur, c’est pas le soleil. Lui, c’est l’entremetteur. Le beau garçon que tu vois en train de jouer au football sur la plage avec ses amis, c’est lui, le charmeur.

C’est celui que tu croises tôt le matin au café du coin, en shorts, camisole grise et gougounes, lunettes fumées au sommet d’une crinière dépeignée. Tu trouves même que son bronzage d’habitant est beau.

C’est le gars que tu croises au bar, celui dont le sourire est presque glow in the dark tellement sa peau est bronzée et qui t’offre un Margarita sur la terrasse.

 

Vous allez vous texter, tes amis vont s’échanger ton cellulaire au bord de la piscine pour parcourir ses photos Facebook, et tu vas leur dire que c’est ton summer love. Parce que déjà, tu as décidé que ça ne durerait pas plus que l’été.

L’été, pour les trois mois qu’il dure, tu vas décider de le passer avec ce gars-là. Pas à temps plein, mais à un temps partiel pas mal généreux mettons.

Pour moi, donner du temps, c’est la chose la plus significative que je peux faire. Parce que du temps, ça ne se crée pas, ça ne s’achète pas et ça ne se rachète pas. Donnez-moi tout sur Terre sauf du temps, et je serai malheureuse. Et quand quelqu’un m’en donne, ben je me dis que je suis chanceuse en maudit.

Un trois mois de soleil qui fait caraméliser la peau, de baignade dans l’eau salé qui fait onduler les cheveux, de feux sur la beach, de crème molle trempée dans le chocolat au lait. Un trois mois à donner du temps, à en recevoir, à en échanger contre des baisers volés et des étreintes longues comme la route qui mène jusqu’en Californie.

Quand le soleil commence à perdre de son intensité, que l’eau devient froide, que le feu n’est plus que braises et que la molle a fondue, l’amour aussi perd des plumes.

Pourquoi vous vous laissez partir hein? Ça a l’air que la date d’expiration sur les yogourts, c’est juste une date suggérée, que le produit est bon bien après ce qui est indiqué. Je pense que c’est ça aussi un summer love. C’est facile de juste jeter le pot de yogourt le 21 quand on voit que la date du meilleur avant est 19. C’est facile. Je suis du genre à lui faire prendre le bord en deux secondes : j’le sens pas, j’le goûte pas. J’le jette.

Je suis une lover bien plus qu’assumée, je voudrais qu’on laisse une chance à l’amour qui sent la crème solaire. J’aimerais ça qu’on le laisse s’essayer quand les feuilles tombent et que la neige prend le relais. Je sais que c’est un peu moins sexy de faire un pique-nique aux sushis et vino en janvier. Mais les saisons changent, l’été revient toujours.

Une fille s’essaye.

Mes condoléances à vous les summer loves, qui vivrez le même sort que le pot de yogourt grecque à la vanille qui a trouvé le chemin de la poubelle ce matin.

 

Maude.

 

Crédit photo : Alexis Lavoie photographe