Publié le par Andréanne Marquis

 

Ma dose

 

Je ne me rappelle pas du moment où j’y ai goûté pour la première fois. On peut dire que j’ai toujours un peu vécu là-dedans, sans y être vraiment « tombée ». J’en prenais comme une personne qu’on qualifie de type sociale ; lorsque le moment s’y prête avec des gens.

Il y a quelque temps, j’ai vécu de quoi d’assez gros. Assez gros pour passer du type « sociale » au type « addict ». Au type, « j’ai besoin de ma dose ».

 

Je qualifierais cette dose comme herculéenne-sucrée. Comme une bulle de bonheur dans une journée. Un genre de motivation quotidienne quand elle est prévue en soirée ou un placebo au café si elle est à l’horaire le matin. C’est la zone tampon idéale entre cette maudite vie de fou-stressée-qui-va-trop-vite, et la pleine liberté-sérénité nécessaire à avoir dans sa tête. Pis ça, c’est autant quand ça va bien, que quand ça va mal. C’est l’idéal pour se remettre sur le piton dans les mauvaises journées et encore plus parfait lorsqu’il s’agit de « sur-embellir » les bonnes. Ma dose est l’fun. Elle fait sourire, c’est tout.

J’aimerais te partager que jamais, je ne me suis sentie comme ça auparavant. Ça fait tellement de bien que le dimanche, je m’installe sérieusement pour planifier les moments dans la semaine où je vais me gâter. Je me mets à l’horaire, planifie mon travail et mes sorties en conséquence. J’ai besoin que ça soit calculé au quart de tour. Comme si j’avais peur d’en manquer.

 

 

C’est certain que des fois je redescends de mon nuage pis je culpabilise. Mais je ne culpabilise pas parce que je le fais, non… je culpabilise quand ça fait trop longtemps que je ne l’ai pas fait, ou que « mon feeling » n’est pas le même que d’habitude. Mais bon, y parait que c’est ça les drogues… que c’est pas toujours sain!

Tout ça, c’est sans parler du cercle d’amis et le mode de vie que tu te crées! Des gens aussi crinqués que toi, qui te donnent tout le temps envie d’en essayer plus! Toute qu’un cercle d’influence comme on dit. « En tout cas, je ne te reconnais pu! Autant physiquement que mentalement. » Ça, je me le suis assez fait dire! Mais ce qui est plaisant avec mon buzz, c’est que t’as envie d’accueillir ce commentaire et de dire merci. Je sais pas comment te dire ça, mais tu deviens comme fière!

La différence avec ma dose et une autre, c’est que je suis tombée dans la bonne au bon moment quand j’ai eu besoin de m’étourdir, de m’encadrer et de m’accrocher à quelque chose. J’ai eu la chance de tomber sur un buzz sain et positif. Je me suis choisie et j’ai choisi de bouger. Comme toute dépendance, il y a les côtés moins sains et l’excessivité, mais ça, ça se contrôle. La différence entre ma dose et une autre, c’est qu’en me l’infligeant, je m’accomplis au lieu de perdre de la valeur, je grandis, j’apprends et je me dépasse. Ça fait sortir le méchant, comme n’importe quelle autre, mais ça me nettoie, ça ne me salit pas!

 

Carolann