Publié le par Andréanne Marquis

 

 

L'incorruptible post-adolescence


Comme le syndrome de Peter Pan mais pour ado, genre.


Il y a ceux qui s'accrochent à leur cœur d'enfant, et ceux qui sautent à pieds joints dans la vie adulte. Je pense me situer entre les deux, dans une adolescence prolongée. (La crise en moins.)


Plus aussi naïve qu'à six ans, mais pas encore aussi réaliste qu'à 30 : j'ai 22 bientôt 15.


La Revue française de sociologie – oui, oui – décrit la post-adolescence comme une « culture de l'irresponsabilité » dont le trait dominant consiste à « prendre du bon temps ». Ça me va bien. Il semblerait que « l'adolescence n'est pas nécessairement une brève et pénible transition entre deux âges mais qu'on peut s'y plaire et s'y "installer" […] pour une période relativement longue. » Ne pas avoir de véritables obligations (ou ne pas trop les prendre au sérieux), c'est effectivement assez plaisant.


Sans dire que je souhaite revivre cette période de ma vie, il y a quelque chose de pur et beau dans le fait de vivre simplement young, wild and free, de profiter sans penser au lendemain. Ah, l'époque des amitiés à toute épreuve et des rêves plus grands que nature...


 

C'est quand la dernière fois que vous vous êtes senti(e)s invincibles?


Telle une ado, j'ai une certaine tendance à mettre mes problèmes sur le dos de l'univers et je grogne plus que je ne parle en me levant le matin. Surtout, j'aime me faire croire que j'ai encore du temps avant de devoir jouer le rôle d'adulte responsable de façon permanente. Je n'arrive pas à concevoir qu'un jour je puisse être une figure d'autorité pour qui que ce soit. La vraie vie, c'est plus tard, me dis-je.


Et je ne suis pas la seule. Cet article parle même d'une « société adolescentrique », où les normes des ados ont envahi la vie sociale. C'est ainsi que les émotions passent avant la raison et que l'imaginaire devient plus important que le réel, sans compter l'ambivalence à l'égard des lois, la difficulté à s'engager et – mon symptôme préféré – « le peu de résistance face aux frustrations inhérentes à l’existence ». I relate.


Je ne fais peut-être plus de partys pyjamas, mais je sais qu'une sortie entre amies peut atténuer n'importe quel problème. Je n'ai plus de posters de mes idoles dans mon casier, mais je demeure loyalement dévouée à quiconque sait gagner ma confiance et mon respect. J'ai gagné en maturité, mais je n'ai certainement pas perdu mes fous rires comme dans le fond de la classe. Désolée-pas-désolée. On sous-estime souvent La Jeunesse™, mais je pense au contraire qu'on gagnerait tous à suivre davantage notre teenage dream intérieur.


Si le terme « adolescent » désigne celui qui est en train de grandir et « adulte », celui qui a fini, je vais rester post-ado encore un bout. De toute façon, arrêter de grandir, c'est arrêter d'évoluer.


No regrets, just love.


Julie Levasseur