Publié le par Andréanne Marquis

 

 

Les années chrysalides

 

De cette phase étrange qu'est l'adolescence

 

J'aimerais prendre un moment pour remercier la puberté. Bien qu'il s'agisse pour la plupart des gens d'une succession de choix esthétiques douteux et de crises existentielles, il y a quand même du bon : ça nous rend vraiment appréciatifs du reste de notre vie.

 

Parce qu'on va se le dire, le passage de l'enfance à l'âge adulte, c'est pas facile. Je pense qu'on n'en revient jamais tout à fait complètement. On « se cherche » sans trop savoir ce que ça veut dire ni ce qu'on est supposé trouver. On s'invente des rêves et des problèmes, on souhaite à tout prix l'approbation (de qui, de quoi?), tout en étant profondément convaincu que PERSONNE ME COMPREND, hurla l'adolescent(e) à ses parents.

 

« C'était les années chrysalides, car comment les appeler autrement, quand on promenait partout cette forme inaboutie de soi-même, en se demandant bien quel genre d'insecte on couvait. » *

 

 

C'est tout un combat, sans parler des hormones qui nous assaillent le corps. « C'est comme si la puberté m'avait attaqué », pour reprendre les mots ô combien sincères d'une célèbre vidéo informative des années 1990. (Si vous ne savez pas de quoi je parle, ça vaut le visionnement.)

 

Je ne peux m'empêcher de me demander dans quel univers parallèle vivent/ont vécu les personnes pour qui le secondaire était « les meilleures années de leur vie ». De mon côté, c'est surtout une époque que je préfèrerais oublier, ou du moins, dont je préfèrerais détruire toutes les traces photographiques. J'en garde de bons souvenirs et de très bons amis, mais il reste que ce n'était pas très beau à voir. Entre l'orthodontie, les cerceaux à cheveux et les mêmes vêtements de chez Garage, ça en fait des regrets au pied carré.

 

Il y a aussi tout l'aspect obsessionnel de l'adolescence qu'il faut considérer. Ce(ux) qu'on aime à 14-15-16 ans, on aime pas à peu près. Je pense qu'on conserve un attachement inconditionnel aux passions qui ont marqué notre jeunesse. Peu importe le nombre d'années qui nous en séparent, c'est toujours le même doux sentiment qui revient lorsqu'on retrouve notre chanson/film/livre/émission de télé/jeu/vêtement/humain préf' de l'époque. Avouez que vous avez des exemples dans la tête et un sourire niais dans la face.

 

Ça me fascine de voir les multiples trajectoires que les gens côtoyés pendant cette étape de la vie ont empruntées par la suite. Sans qu'il soit question de se comparer ou de jouer à qui-va-être-le-plus-impressionnant-au-conventum, c'est un exercice d'observation fort intéressant (et qui peut donner lieu à de nombreuses minutes de stalk sur Facebook). Et lorsqu'on recroise ces personnes par la suite, c'est étonnant à quel point même celles qui nous étaient les plus éloignées deviennent amicales et familières.

 

Tout ça pour dire que, si cette étape est derrière vous, vous pouvez vous félicitez d'en être ressortis relativement indemnes. Sinon, lâchez pas : ça va juste en empirant jusqu'à ce que ce soit fini, mais après c'est l'fun (genre).

 

 

Julie Levasseur

 

 

 

* La citation est tirée du roman Journée américaine, de Christine Montalbetti.