Publié le par Andréanne Marquis

 

La peur de réussir et les raisons qu’on se trouve

 

À cause de la peur de l’échec, de la peur du succès, de la peur de l’engagement ou des responsabilités, on est toutes parfois portées à ne pas faire, ne pas dire, ne pas se présenter ou encore clairement poser une action qui va tout gâcher.

On est capables de se trouver des raisons énormes ou minuscules pour justifier de ne pas aller de l’avant quand une crainte nous tiraille en dedans, personnelle ou professionnelle. Tôt ou tard on deal avec ça. J’en ai déjà fait une discipline olympique plus jeune.

Commencer 589 projets et voir que les embûches n’étaient pas si grandes, avoir peur que ça marche et que je ne puisse plus revenir en arrière, laisser tomber. Tellement plus facile de se battre contre quelque chose qui se met en travers de son chemin plutôt que de lutter contre une peur irrationnelle, intangible, envahissante, peu importe laquelle.

 

 

Il fut un temps où si j’avais un gros meeting, je considérais ça comme une entrevue. Je m’achetais une belle robe classique, un nouveau veston, des souliers parfaits et je prenais le temps de me maquiller et de me faire un brushing en bonne et due forme.

Depuis que je manque de temps, je dois vraiment faire des choix déchirants. (On manque toutes de temps, qui n’aimerait pas rajouter un jour à sa semaine ou quelques heures à sa journée? Présentez-moi cette précieuse personne qu’on puisse échanger des trucs ou du temps!) Faute de temps, donc, je choisis parfois le 20 minutes de sommeil de plus le matin plutôt que le brushing et j’oublie de regarder mon agenda pour voir qui je rencontre dans ma journée.

 

Ce jour-là j’avais LE MEETING. Mini-panique. Pression sur mes épaules. Madame qui n’a peur de rien va-t- elle se défiler?

1) C’était une excellente excuse, j’aurais facilement pu dire que mon fils était malade et que je devais reporter.

2) La peur d’avoir l’air underdressed et de manquer de respect à mon interlocuteur n’avait pas le droit de prendre de la place ici.

3) Qui risque rien n’a rien.

 

Je suis donc arrivée en jeans, Converse, t-shirt et petit veston casual arborant une couette haute au plus gros meeting de ma vie. (Note à moi-même d’activer TOUS les rappels pour le rendez-vous de la journée dans l’agenda.)

Qu’est-ce qui est arrivé? Contenu plutôt que contenant, bon choix de l’usage des mots, sourire et confiance en moi et mon projet, tout s’est déroulé à la perfection.

« Projet emballant, envie de travailler avec les humains derrière l’entreprise, vibe qui donne confiance, préparation parfaite », m’a-t- on dit. Depuis que je sais que je peux négocier des contrats qui valent beaucoup beaucoup de ventes en Converse et sans maquillage, je remets les choses en perspective.

 

Je n’irai jamais dans un gala en espadrilles, soyons claires, mais je ne conseille à personne d’annuler une rencontre parce qu’on n’a pas le « perfect outfit ». Le timing de la rencontre, le projet, la manière de le vendre et la passion vont toujours l’emporter sur le reste. Je rencontre chaque semaine des humains extraordinaires qui n’ont pas eu peur d’écrire un courriel, de passer un appel, de venir cogner à la porte pour dire

 

« Hey salut, j’ai un projet et j’aimerais voir si ça peut vous intéresser ». J’encourage 100 % des individus à se mettre beaux et belles pour démontrer qu’ils sont sérieux et soucieux des gens à qui ils demandent du temps, mais parfois, le moment est devant soi et on doit seulement le saisir sans se défiler. Je crois avant tout fermement au front de bœuf dans la vie. J’adore voir des jeunes plein d’idées et avec de l’ambition GROS DE MÊME qui se lancent dans le vide, frappent aux portes, n'acceptent pas un non comme réponse et rivalisent de créativité et d’énergie pour se démarquer même si le chemin n’est pas facile.

 

Ça m’inspire personnellement.

 

1-2- 3 go on arrête d’écouter les 1000 « bonnes » raisons qui nous empêchent de foncer. L’action sera toujours plus payante que le rêve, même en espadrilles.

 

Ariane