Publié le par Andréanne Marquis

 

Génération généralisation

 

Plaidoyer pour une solidarité entre « 90s kids »

 

Rares sont les semaines, voire les jours, qui passent sans que mon newsfeed me surprenne avec des stéréotypes et lieux communs exagérés à l'encontre « des jeunes de nos jours ». Le pire, c'est que le plus souvent les reproches proviennent de cette même démographie. Comme si c'était la nouvelle mode de proclamer sa honte de ceux avec qui on partage la décennie de naissance, qui ont apparemment tous les torts. Mais je pense que la seule chose qu'on puisse généraliser à propos de « notre génération », c'est justement qu'elle généralise beaucoup trop. 

 

Avant toute chose, il est important de définir à quoi les termes incriminés réfèrent : la génération Z. Bien qu'il soit difficile d'établir exactement les caractéristiques d'une génération, il s'agit généralement d'un « groupe de personnes qui ont à peu près le même âge et qui ont vécu tôt dans leur vie des évènements historiques particuliers [...] qui peuvent influencer leur vision du monde. » Selon Statistique Canada, on pourrait ainsi regrouper tous les rejetons des années 1990 et 2000 dans la génération Z, celle qui a grandi avec les nouvelles technologies et tout le tralala.


 

D'ailleurs, si on se fie aux critiques, le cœur du problème est justement le grand méchant Internet. Je ne compte plus le nombre de statuts Facebook de cinq paragraphes et plus déplorant que « les jeunes de notre génération » sont asservis aux réseaux sociaux – n'est-ce pas un peu ironique? Je passe certes beaucoup de temps connectée au www, mais c'est une manière comme une autre de passer le temps. Les générations précédentes collectionnaient les cartes de hockey, dansaient dans les discos ou trayaient les vaches au champ. Si on remonte encore plus loin, les gens s'adonnaient à des combats d'épées mortels ou à la lyre, selon leur besoin d'adrénaline. Autres temps, autres mœurs, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

« Les milléniaux ont tué le couple, l'amour, le vrai. » Ah, la fameuse génération Tinder. Comme si une seule application (et ses variantes) pouvait être responsable du déclin du mariage. C'est vrai qu'en 1840 les gens s'engageaient beaucoup plus jeunes dans une relation à long terme. Les gens se mariaient à 15 ans aussi donc c'est probablement discutable. En fait, je trouve que c'est tant mieux si les Z se donnent le droit à l'essai-erreur amoureux. Ça ne marche pas avec une personne? C'est très légitime de mettre fin à la relation et de passer à la suivante, quel que soit le délai entre les deux. On ne sait pas toujours ce qu'on veut, et surtout on ne trouve pas toujours ce qu'on veut le premier coup : c'est correct. Ça ne veut pas dire que l'amour sans date d'expiration est impossible, car les « vieux couples » de jeunes sont bien présents. Ne viens juste pas accuser toute une génération d'avoir « peur de s'engager » sous prétexte que tu ne réussis pas à garder un(e) chum/blonde. Il y en a qui s'aiment pour la vie tout de suite et il y en a d'autres qui préfèrent garder leur indépendance le plus longtemps possible. Les deux groupes ont le potentiel de vivre heureux et d'avoir beaucoup d'enfants ou non. Yay!

 

Avec tout ce qui se passe sur la planète actuellement, soutenons-nous donc les uns les autres au lieu de nous comparer négativement. Notre génération fait face à assez de problèmes comme ça, on n'a vraiment pas besoin d'en ajouter.

 

Julie Levasseur