Publié le par Andréanne Marquis

 

 

Confessions d'une germophobe

 

« La personne atteinte n'a, a priori, pas de risque réel, mais elle ne peut s'empêcher d'en éprouver la crainte, sans pouvoir se raisonner. »

 

Les microbes, ça m'écœure . À certains moments on pourrait même débattre que ça m'obsède.  

Je ne sais pas exactement comment ça a commencé, mais je suis pas mal certaine qu'emménager dans une Grande Ville™ a exacerbé mon malaise. En région, les gens peuvent être pas-propres entre quatre murs. À Montréal, les gens sont juste partout, tout le temps.

Le comble, c'est le métro. Je le prends parce que c'est pratique, mais me retrouver sous terre avec des dizaines d'inconnus et leur hygiène variable gâche mon expérience de transport. Heureusement, avec la pratique, je suis devenue une pro pour me tenir debout sans me tenir nulle part. Les barres de soutien, les rampes d'escalier et les boutons d'ascenseur me répugnent, sans parler des poignées de porte. J'évite par ailleurs autant que possible les toilettes publiques, pour des raisons évidentes. (Les personnes qui ne se lavent pas les mains en sortant : Allô???)

 

Comme c'est présentement la saison de la grippe, je redouble de précautions. Inévitablement, j'ai des mouvements de répulsion assez ostentatoires lorsque je suis témoin de graves entraves à la santé publique, telles que laisser traîner des vieux kleenex sur un bureau scolaire. Les gens qui toussent dans leur main me donnent de l'anxiété.

Le double dip dans la trempette, c'est non, et la règle du 5 secondes non plus. À part ça je vous assure que je suis l'fun dans les partys!

À la maison, j'ai une variété de TOCs pour maintenir mon paradigme de sûreté sanitaire. Par exemple, j'ai beaucoup de difficulté à entrer dans mon lit sans prendre une douche au préalable, parce que ark les germes du monde extérieur. Ma paresse habituelle se termine là où ma peur de la saleté débute. Autant j'aime ne rien faire et tout remettre au mois prochain, je suis forcée d'être relativement assidue sur le ménage pour ne pas m'imaginer toutes sortes d'infestations. Un conseil : ne cherchez jamais des noms de parasite sur Google. Et que j'en vois un-e mettre sa bourse sur mon divan! Ça traîne partout ces affaires-là.

Vous pouvez me juger parce que je suis germophobe, mais au moins je ne suis pas xéno-, homo- ou islamo-.

 

Dans ces cas-là c'est moi qui vous juge et malheureusement aucune quantité de Purell ne saurait vous venir en aide.

  

Julie Levasseur