Publié le par Emilie Blais

 

 

Changer d'air pour mieux respirer

L'oxygène est toujours plus vert chez le voisin.

 

Aussi libres et spontanés prétendons-nous être, personne n'est à l'abri de la routine. Ce n'est pas très yolo à dire, mais c'est comme ça. Chaque jour ou presque, les mêmes tâches dans les mêmes lieux; les mêmes lieux pour les mêmes tâches. Le quadrilatère entre la maison et le travail, une couple de stations de métro et le détour par l'épicerie. À la longue, le train-train quotidien nous tombe dessus et forcément on étouffe.

J'ai fait le calcul : je passe 90 % de mon temps dans 1,29 kilomètre carré. Si le chiffre peut varier selon la région que l'on habite, il reste que notre décor journalier est assez limité. De là naît le besoin de s'évader de temps à autre. Pas nécessairement loin, pas nécessairement longtemps, mais nécessaire. Quitter nos habitudes quelques jours/semaines/mois à la fois et donner de la nouveauté à nos yeux et à notre esprit. Inspirer profondément pour ne plus sentir l'ennui. Une grande bouffée d'ailleurs à ramener chez soi.

 

 


 

Qu'on parte seul-e ou en couple, entre amis ou en famille, l'essentiel est de se dépayser un peu, beaucoup. Passionnément. On se concentre sur l'ici et maintenant, puisque nos problèmes paraissent plus petits de loin anyway. Tout n'est qu'une question de perspective; c'est la physique qui le dit. Élargir ses horizons géographiques insuffle une manière inédite de voir le monde, la vie. Il faut de grands espaces pour germer de grandes idées.


Partir pour mieux revenir, comme une sorte de redémarrage mental. « Have you tried turning it off and on again? » Si c'est bon pour mon téléphone, c'est probablement bon pour mon âme : il y a des jours où j'ai l'impression qu'ils ne forment qu'un. C'est bien la preuve que je dois me déconnecter, éjecter le périphérique que je suis de mon environnement virtuel et matériel. Clic-clic. Vroum-vroum.


Quand est-ce qu'on arrive? Quand on aura fini de regarder en arrière. Quand le paysage sera plus remarquable que tout ce qu'un écran a à nous offrir. Quand la mer ou la montagne ou la campagne imprégnera chacune de nos cellules. Quand tout semblera différent, incluant nous-mêmes. Quand est-ce qu'on revient? Jamais tout à fait. C'est ça qui est beau. Il restera toujours une petite partie de nous là-bas, et inversement.


De retour en ville avec des souvenirs plein la tête et des cartes postales plein le sac à dos, on se sent drôlement plus léger. Jusqu'à la prochaine fois, inévitable.


Peut-être que la solution à mes angoisses mondaines se trouve

aux Îles de la Madeleine

dans le Maine

en Espagne.


Peut-être que non.

Mais si je n'y vais pas, comment le savoir?


Julie Levasseur