Publié le par Andréanne Marquis

 

 

Avoir une opinion sur tout, tout le temps, c’est pas nécessaire

 

 

Paraît qu’on cherche à plaire aux autres, malgré tout ce qu’on peut dire. Que même si on le fait pour nous, au fond bien profond de notre personne ou en surface, on veut que les autres trouvent ça de leur goût autant que nous.

Pas que ça fasse dans ta vie une différence aussi géante que le monstre sous ton lit, celui que tu croyais endormi de jour, bien éveillé de nuit. Mais disons que ça te chatouille dans le bas du ventre avec la délicatesse d’une plume qu’on glisse sur la peau.

Parce que même si ça te dérange pas tant, tu trouves ça un peu plate te faire dire par un quelqu’un ou par une quelqu’une que c’est si, ou que c’est ça. Que ton geste ou ta personne a été trop, ou encore pas assez. Nous, les gens, on aime ça mettre du quantitatif devant le qualitatif.

Des mots de gradation qui font toute la différence dans le commentaire. Si courts, mais si efficaces pour te rentrer dedans aussi fort que le coup de poing ultime qui donne la victoire par K.O. à un boxeur.

 

Les un peu.

 

Les trop.

 

Les trop peu.

 

Trop tôt, ou trop peu trop tard.

 

J’ai comme l’impression que le commun des mortels ressent le besoin de tout analyser, pour ensuite rapporter le fruit de ses réflexions. Comme si un récit devenait automatiquement un post Facebook sur lequel on se sent obligé de laisser un commentaire.

 

Y’a des fois où j’en viens à me demander si je suis normale, de rester sur le neutre. De ne pas vouloir dire à tout prix « ben moi, je pense que ». De ne choisir ni la zone blanche, ni la zone noire, plutôt la zone grise. C’est pas parce que c’est gris que c’est silencieux : les neurones vont aussi qu’une F1 sur une piste de course.

Je me fous de ce que les trois quarts des gens peuvent bien dire et penser de ma personne, mes choix, mes valeurs, mes opinions pas tranchées ni très tranchantes. Plate, discrète, pas branchée : tout ce que ça peut avoir l’air à leurs yeux, bordel que ça ne me dérange pas.

Y’a une personne en particulier à qui on a de la difficulté à ne pas plaire au grand complet, même quand on essaye de notre plus fort.

On a toujours peur de la décevoir, on la fouette au moindre mauvais coup. Un pas de travers, on la pousse dans la fausse aux lions.

On lui met souvent une pression qui pèse autant que dix éléphants sur les épaules.

C’est celle qui te malmène le plus, à tort ou à raison.

C’est toi. Du moment que toi et toi vous êtes d’accord sur une affaire, c’est le principal.

Moi, je suis correct avec ça, être grise pis pas avoir d’opinion à partager sur tout. Je laisse les autres faire comme ils le sentent.

Mais je veux juste te dire : quand t’as une tête sur les épaules, t’as pas besoin de crier aux quatre vents ce qui se passe dedans.

 

Maude