Publié le par Andréanne Marquis

 

 

L’appel de l’aventure… ou pas

 

Disons que je suis plus Holiday Inn que couchsurfing.



Je vais peut-être faire honte à ma génération d’apprentis explorateurs pleins de wanderlust, mais je ne ressens pas particulièrement l’appel du voyage sac-à-dos dans des conditions douteuses à l’autre bout du monde.

Depuis quelques années, c'est la grosse mode chez les Milléniaux. J'ai toujours au moins un ami Facebook en train de publier des photos de montagnes en Thaïlande, de plages en Australie, de vieux bâtiments en Europe ou de forêts dans l'Ouest canadien. Le dénominateur commun : des espadrilles de randonnée et un backpack dans lequel je pourrais rentrer. Une autre caractéristique fréquente est le fait de n'avoir aucune idée de la prochaine destination.

Soyons clairs, je ne veux pas critiquer ces valeureux collectionneurs d'expériences de vie en terres lointaines. Au contraire, je les admire pour leur audace et leur capacité d'adaptation hors du commun. Seulement, je suis forcée de constater que de telles aventures ne sont pas pour moi. 

 

 

Outre mon impossibilité à partir trois jours sans trimballer la quasi-totalité de ma garde-robe et mes lingettes Lysol, je ne suis pas faite pour l’incertitude et les décisions spontanées. J'aime les beaux grands lits, les douches chaudes et ne pas avoir à partager ma salle de bain avec une dizaine de résidents d'auberge de jeunesse. C'est sûr que c'est drôle à raconter, des anecdotes d'autostop, mais malheureusement je suis beaucoup trop peureuse et surtout asociale pour privilégier ce moyen de transport/de rencontres. Chaque fois que je fais 2 h de route, je m'endors ; je me vois mal me faire de nouveaux amis en Nouvelle-Zélande de cette façon.

Ce n'est pas que je n'ai aucun intérêt envers les pays étrangers, loin de là. J'ai envie de voyager et de découvrir le monde comme à peu près n'importe qui. Toutefois, je préfère le faire de manière organisée, planifiée, sécuritaire et confortable (je suis douillette et je m'assume). Je pense qu'il est tout à fait possible d'apprendre à connaître d'autres cultures sans jouer à Christophe Colomb qui découvre l'Amérique sauvage – de toute façon c'est même pas là qu'il voulait aller.

À chacun son type de dépaysement, ok? Je commence à être un peu tannée du débat touristes VS vrais voyageurs. Ça me désole de lire certains billets de blogue du genre « 10 raisons pourquoi tu dois absolument partir en voyage extrême seul(e) à l'étranger pendant ta vingtaine ». Non seulement c'est grammaticalement incorrect (il faudrait dire « 10 raisons pour lesquelles... »), mais ça sous-entend très peu subtilement que moi et tous les autres qui n'avons pas cette impulsion naturelle vers l'imprévu dans des régions inconnues sommes en train de gâcher nos plus belles années.

Je passe peut-être à côté de certaines occasions, mais il n'empêche que mes souvenirs de touriste resteront gravés dans ma mémoire comme des moments formidables et formateurs. Aventurière ou non, j'aurai vu et vécu des choses extraordinaires et je garderai ce bagage avec moi toute ma vie.

 

N'est-ce pas là le véritable but du voyage?

 

Julie Levasseur