Publié le par Andréanne Marquis

Trouver mon parfait dans ton imparfait

 

Si finalement c’était tout simplement cela. Trouver mon parfait dans ton imparfait.

 

Les derniers jours, les derniers temps, j’entends parler tellement de gens autour de moi à la recherche de l’amour, du parfait, le vrai. Celles qui cherchent, celles qui angoissent puisque le résultat ne semble jamais arriver. Le résultat n’arrive pas puisque l’on cherche beaucoup plus que de ce dont on a besoin. On se compare et se comparer, c’est inutile. Pour la raison simple que ton parfait à toi n’est pas nécessairement mon parfait à moi. Pourquoi des couples fonctionnent et d’autres non ? Pourquoi ça fonctionne entre deux personnes, mais pas entre deux autres ? Parce que personne n’aspire au même résultat. 

On passe le tiers de notre vie à travailler (pour d’autres, encore plus), on passera tout le reste à aimer. Dans ce cas, nous sommes mieux d’aimer de la bonne façon. 

J’aime profondément chacune des personnes qui m’entourent. Chacune des personnes qui sont encore dans ma vie aujourd’hui. À travers nos rythmes de vie différents, à travers nos façons de penser et de voir, à travers nos attitudes différentes et nos ambitions éloignées, je les aime dans leur imparfait et elles m’aiment dans mon imparfait.

 

On a toute cette amie qui semble plus exigeante qu’un enfant de 4 ans hyperactif. Celle-là qui ne se gène pas de te le dire si tu parles trop longtemps avec quelqu’un d’autre au resto parce que vous étiez allées souper les deux ENSEMBLE. Je l’aime dans son imparfait. Je ne la changerais pour rien au monde. 

J’ai cet ami qui doit avoir les relations interpersonnelles les plus rocambolesques de l’histoire. Celui qui m’oblige par moment à jouer à la cousine. Celui qui ne me donne vraiment, mais vraiment pas envie de croire qu’être en couple dans le respect, c’est encore possible. Parfois j’ai l’impression que gérer ces conquêtes, ça semble pire que gérer une PME. Mais son amitié est tellement vraie. Il me fait tellement rire. Il me fait tellement sentir bien quand je suis à ses côtés. Il sera toujours là, je le sais. Je l’aime dans son imparfait. Je ne le changerais pour rien au monde.

Cette amie qui vit dans la même vie depuis des années. Celle-là qui chiale depuis toujours qu’elle n’est pas heureuse, une fois à cause de son travail, une autre à cause de son copain. Je le sais que chaque fois elle me répétera la même chose ; je sais aussi qu’elle ne fera absolument rien pour changer. Je l’aime dans son imparfait. Je ne la changerais pour rien au monde.

J’ai aussi cette amie que tu présentes à des inconnus et que maudiiiiiiiit qu’ils ne sont pas certains. Celle-là que tu dois introduire avant de la présenter à d’autres gens. Du genre : « Non, mais tu vas voir, elle est vraiment gentille. » Son air un peu naturel de fille froide fait définitivement peur, mais je l’aime dans son imparfait et je ne la changerais pour rien au monde.

Tout comme celle qui se réveille toujours à des endroits étranges. Celle qui m’envoie sa géolocalisation pour que j’aille la chercher et qui me répète chaque semaine : « Bordel que je n’ai aucune idée où ma vie s’en va. » Je l’aime dans son imparfait. Je ne la changerais pour rien au monde.

 

C’est un peu de cette manière que j’ai envie d’aimer. J’ai envie d’aimer à travers l’imparfait. À cette personne qui entrera dans ma vie, j’aime mieux te le dire tout de suite : je suis plus qu’imparfaite. Je suis envers moi-même très exigeante, constamment insatisfaite, très impulsive et en éternel questionnement sur à peu près tout. Quand j’ai un verre dans le nez, je me prends pour une White Beyoncé avec les skills de chants à Céline, ce qui vient aussi avec toute absence de la définition du mot « gêne ».

 J’aime beaucoup, j’aime intensément. Je suis aussi excitée par un rabais sur la salade César à l’épicerie que par la période de questions à l’Assemblée Nationale. Je ne cache aucune de mes émotions donc c’est souvent très lourd. Je suis imparfaite, mais si tu me respectes à travers tout ça, je crois que c’est de cette manière qu’on arrivera à trouver notre parfait dans notre imparfait.

 

AM.  

 

L'EXCELLENTE PHOTOGRAPHE : Alessandra Jennifer Ross  | MUA = Stéphanie Villemaire