Publié le par Andréanne Marquis

  

Je ne serai jamais riche

 

J'ai essayé d’économiser, un jour. Ça n’a pas duré plus longtemps que ça.

 

Du déni à l’acceptation, j’ai fait mon deuil : je ne chanterai jamais Billionnaire en lançant des billets de 100 $ dans les airs au milieu de ma villa au bord de mer. Je ne ferai jamais partie du fameux 1 %, cette poignée de privilégiés qui roulent en voiture de luxe pendant que le petit peuple s’entâsse dans le métro. 

Gagner de l’argent, c’est une chose; le garder, c’en est une autre. Difficile d’accumuler les zéros sur notre solde bancaire lorsqu’on accumule les dépenses. Pourtant, à quoi bon être plein aux as si on ne se donne même pas le droit d’en profiter? J’aime autant dépenser le peu d’argent que j’ai pour me créer des souvenirs plutôt que simplement me souvenir que j’ai de l’argent.

Ceci étant dit, ce serait un mensonge de prétendre que tous mes achats représentent des investissements mémorables. Trop de vêtements, trop de restos – je dépense trop, trop souvent. Avez-vous déjà entendu parler de l’oniomanie? Il s’agit du besoin impulsif d’acheter, la plupart du temps inutilement. Le terme provient des mots grecs ônê, achat, et mania, folie. C’est bien fait la linguistique.  

 

Mes deux parents étant comptables, on pourrait croire que j’ai les budgets dans le sang. Au contraire, c’est mon budget qui saigne. « Tu n’as pas besoin de ce café à 5 $ », me dit le gros bon sens. Malgré son insistance, je l’ignore : premièrement, ce n’est pas un café, c’est un macchiato au caramel salé avec lait de soya, et deuxièmement, oui, j’en ai besoin. #lundimatin

C’est pour ces raisons et plus encore que non, je ne serai jamais riche… et alors? Qu’est-ce que ça veut dire « être riche » de toute façon? En tapant ces deux mots dans la barre de recherche de Google, on trouve 1 770 000 résultats. Chacun propose sa propre définition de la richesse, de « posséder une Ferrari » à « le plus grand trésor, c’est l’amour ». Ça en couvre large.

Sans vouloir entrer dans le cliché « hippie-grano-peace and love », je crois que l’important n’est pas ce qu’on a, mais ce dont on a besoin. La pyramide de Maslow classe les besoins de l’être humain en cinq catégories : besoins physiologiques, sécurité, appartenance, estime et accomplissement personnel. Ce qui est bien avec la dernière catégorie, c’est qu’on peut en faire à peu près ce qu’on veut. 

Chacun décide ce dont il a besoin pour se sentir accompli – ça n’a même pas besoin de coûter cher. « Le bonheur est dans les choses simples », à ce qu’il paraît. Une promenade dans la nature, un coucher de soleil, un stationnement en parallèle particulièrement bien exécuté… Toutes des choses qu’il faut prendre le temps d’apprécier. J’aimerais dire que ça vaut plus que des millions de dollars, mais j’en sais rien : je ne serai jamais riche.

Et vous savez quoi? C’est parfait comme ça.

Julie Levasseur

 

 

Crédit photo : https://www.flickr.com/photos/aigle_dore/8273660863/