Publié le par Andréanne Marquis

 

 

Je n'ai pas réussi à choisir un titre (ou une carrière)

 

Tous mes amis vous le diront, je suis la pire pour prendre des décisions.

 

Peu importe le sujet, tout ce que je sais c'est que je ne sais rien. Comme Socrate. Le restaurant où je veux manger, mes projets pour la fin de semaine, la chemise que j'ai envie de porter (la blanche avec les picots noirs ou la noire avec les picots blancs???) : je n'en sais rien. Nothing. Nada. Niet.

 

Le questionnement existentiel par excellence? Le choix de carrière. On doit tous y réfléchir, à un moment ou un autre. Pour certains, le débat est clos dès l'âge de 8 ans et demi. Pour d'autres, c'est plus compliqué. L'indécision étant possiblement mon trait de personnalité le plus dominant (j'en suis pas certaine), je fais partie de la deuxième catégorie.

Pour la poursuite de mes études au niveau universitaire, j'ai fait des demandes d'admission dans dix programmes différents. 10. Disons que ça a coûté assez cher de frais administratifs. 

Le pire, c'est qu'il ne s'agissait pas de plans A, B, C, D en ordre décroissant de priorité jusqu'à J, au cas où les premiers ne marcheraient pas. Non, c'était juste des plans tout court. Des plans aléatoires et désordonnés, un peu comme les questions dans ma tête au moment de faire mon choix.

Pour être honnête, je cherche encore. Pour être honnête, j'angoisse un peu.

 

Je connais par cœur les formations offertes, les professions connexes et les perspectives d'emplois dans les domaines qui m'intéressent. J'ai comparé les listes de cours, j'ai consulté les taux de placement et j'ai participé aux journées portes ouvertes de l'université deux fois plutôt qu'une. Après tout, c'est une décision importante à prendre et je ne voudrais pas me tromper quant à mon Avenir avec un grand A.

Dans l'état actuel des choses, l'âge d'admissibilité à la pension de retraite sera de 67 ans au Canada à partir de 2029. Supposons que j'entre sur le marché du travail immédiatement après la fin de mon bac (#dreambig). J'aurai alors 23 ans ; je devrai travailler pendant 44 ans.

Quatre décennies que je dois commencer à planifier tout de suite, maintenant, alors que j'en ai tout juste deux au compteur et que mes principales expériences en tant qu'être humain jusqu'à présent consistent à… à quoi en fait? Avoir de beaux bulletins? De beaux souliers? Faire rire les gens sur Internet parfois? Rien de très utile lorsqu'il s'agit de tracer mon itinéraire professionnel avec un sens de l'orientation inexistant.

Bien sûr, je sais que rien n'est définitif. Il n'est jamais trop tard pour changer d'idée. Il y a des journalistes qui deviennent avocats, des musiciens qui deviennent ingénieurs et des gynécologues-oncologues qui font partie d'un groupe rock (même pas une blague).

« Il y a autant de parcours que de personnes », que les gens disent. C'est vrai. Le problème est qu'il faut commencer quelque part et je n'ai toujours pas choisi quelle chemise j'ai envie de porter.

 

Julie Levasseur