Publié le par Andréanne Marquis

 

 

Moi +  1 million

 

J’ai fait une folie. Ça m’a couté un gros 3 $ que j’ai amassé en faisant le tour assidu du fond de ma sacoche, mes poches de manteaux et ma p’tite laine. Cette folie m’a permis de m’évader le temps d’une soirée. Rêvant aux plus beaux scénarios possibles accompagnés de mes amis, cognant nos canettes de Pabst ensemble pour faire un semblant de «tchin-tchin» fancy.

 

C’est une combinaison anodine de chiffres qui peut transformer beaucoup de choses. J’ai dans mon portefeuille mon deuxième billet de loterie à vie. J’avoue bien aimer le sentiment créatif et un peu fou d’imaginer ma vie si je gagnais, n'ayant plus aucun souci financier. Pourtant, s’il y a bien une chose que j’ai constatée, c'est que l’argent ne fait pas forcément le bonheur. La preuve : j’en  manque depuis les dernières années en comptant mes épiceries au sou près, me rongeant les ongles en voyant le loyer passer, regardant ma jolie chambre pas encore meublée faute de budget.

Toutefois je suis bien. Émue lorsque j’aperçois un coucher de soleil rose flash; reconnaissante de partager des moments avec mes amis; sereine après mon jogging; enjouée à l’idée d’aller monter la moindre montagne. (Tout gratissss.) Je suppose que lorsqu’on a peu de moyens, on trouve les bonheurs ailleurs que dans le nouveau téléphone qui ressemble au précédent, la mode qui change si vite et les besoins superflus qu’on se crée tous.

Si je gagne, bien sûr, je clanche mes dettes le temps de dire «money» et je veille à ce que tous mes proches soient bien-ultra-confortable-sans-stress-en-manque-de-rien. Une fois cela accompli, il y a quelques trucs que j’aimerais réaliser. Puisque qu’une des choses que je préfère dans la vie c’est faire plaisir et gâter, je ne vois pas le but d’avoir beaucoup d’argent si tu ne peux pas en faire profiter les autres en partageant.

Le matin, je descendrais ma rue et j’irais jaser avec les gens sans domicile en leur offrant un café chaud, des chocolatines et des mitaines. J’arriverais à mes soupers d’amis avec des bons vins et des bons fromages, afin que personne ne manque de rien et qu’il y ait du plaisir à la tonne. 

J’offrirais à ma maman une carte avion-illimité qui inclurait toutes ses dépenses tant aussi longtemps que j’ai de l’argent, partout à travers le globe.

Je ferais un gros chèque à des causes, incluant Héma-Québec parce que je trouve ça si beau de donner un peu de soi pour apaiser le malheurs des autres.

Je ferais tout ça et tellement plus (mine de rien, ça passe vite un million).  Vu que les moyens me limitent, je m’efforce d’être riche à ma façon.

En souriant aux itinérants sur mon chemin le matin, en amenant des beignes à mes soupers d’amis parce que c’est le dessert abordable/sans arachides (clin d’œil à mon Keven), envoyant le plus souvent possible des cartes postales pour dire à ma maman que je l’aime en guise de billet d’avion, faisant des dons de sang  assidus aux 3 mois comme chèque.

Voyez tous ces gestes, ces pensées, et ces actions comme des millions, puisque c’est tout ce que je peux offrir pour l’instant. Comme ça on sera tous riches en s’entraidant comme on peut. Trinquant notre Pabst en constatant que ce 3 $ récolté à l’aide de mes cennes m’aura du moins fait pondre un article.

 

Gaëlle 

 

Source photo : Flickr