Publié le par Andréanne Marquis

 

Métaphore enrhumée


« J'ai pris mon rhume en grippe... » *

 

J'ai essayé d'écrire sur mille et un sujets, mais en ces jours de rhume pré-printanier, toute tentative d'inspiration est vaine. Mon cerveau est au moins aussi congestionné que mes voies respiratoires. Entre deux pastilles au citron et arrachages de poumon, je dois me résigner : pas moyen de me concentrer sur quoi que ce soit d'autre que mon piètre état de santé.

Ma condition m'a amenée à réfléchir à l'idée que, au cours de notre existence, on traverse parfois des épisodes qu'on pourrait qualifier de « rhume mental ». Une situation particulière fait en sorte qu'on a l'esprit tout embrouillé et confus, avec une capacité de focalisation autour de -1000. Dans ces moments-là, on ne peut rien faire sauf attendre que les symptômes disparaissent. Comme le rhume.

On m'a déjà dit qu'« un rhume traité dure sept jours, et un rhume qu'on ne traite pas dure une semaine ». (Il s'agit probablement de mon dicton pseudo-scientifique préféré.) C'est souvent ça dans la vie aussi. On a beau vouloir tout essayer pour que notre mauvaise passe passe, justement, il arrive que seul le temps peut véritablement arranger les choses.

 

C'est pour ça que c'est correct de morver, tousser, être dans les vapes et avoir besoin de repos en attendant qu'on se rétablisse, que notre système immunitaire psychologique reprenne le dessus. Il y a bien des trucs et des remèdes maison que l'on peut adopter pour faciliter le processus, mais il faut accepter qu'un certain délai puisse être nécessaire malgré tout. Ça peut même demander de s'accorder un petit congé maladie à l'occasion (notamment pour choker les sorties qui demandent trop d'efforts).

Bref, que nos microbes soient physiques ou mentaux, on doit prendre notre mal (de tête) en patience. Sortir l'artillerie lourde : un divan moelleux, une grosse couverture, un bon film. Et de la soupe Lipton. Ne jamais oublier la soupe Lipton – c'est les mamans qui le disent.

 

Au bout du compte, voyons les choses du bon côté : le rhume mental nous épargne au moins le goût du Buckley.

 

Julie Levasseur

 

 

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